Les difficultés financières des ménages malendettés qui ont cependant la chance de n’avoir pas connu d’accident de vie, sont souvent liées à l’accumulation excessive de plusieurs crédits à la consommation, dont les incontournables revolving, de façon quasi simultanée. De plus, ces prêts accordés par les établissements de crédit sont généralement accompagnés de taux d’intérêts élevés auxquels des primes d’assurance astronomique s’ajoutent, les rendant évidemment plus difficiles, même pour un ménage à revenus moyens, d’honorer.
Face à cette réalité et aux situations de surendettementqui s’en suivent, les intermédiaires en opérations de banque ( IOB ) ont cherché des solutions permettant d’éviter aux emprunteurs les plus solvables d’avoir recours aux Commissions de surendettement de la Banque de France et de leur permettre de rétablir leur situation financière par eux-mêmes sans faire supporter à quiconque leur problème. C’est ainsi qu’en collaboration avec un tout petit nombre d’établissements de crédit qui se sont déclarés intéressés, les intermédiaires bancaires ont lancé le rachat de créditsen France vers le milieu des années 90 alors qu’il était déjà utilisé depuis bien plus longtemps dans les pays anglo-saxons.
Presque confidentiel lors de son lancement, ce sont encore les IOB qui en ont fait leur cœur de métier, qui ont fait connaître le rachat de credit, cette solution financière innovante, aux consommateurs par la publicité et l’instauration de partenariats avec des agences bancaires notamment.
En une quinzaine d’années, ces experts du rachat credit ont fait considérablement progresser cette technique et le nombre d’établissement de crédits qui la pratiquent au bénéfice des emprunteurs à qui la concurrence très active qu’ils se mènent aujourd’hui profite. Les IOB eux-mêmes mettent en concurrence les partenaires financiers avec lesquels ils travaillent en toute indépendance pour obtenir à leur client les meilleures conditions possibles afin de mener leur mission à bonne fin car ils ne sont rémunérés qu’en cas de succès, c’est-à-dire l’accord de leur client sur le refinancement obtenu.
Aujourd’hui le regroupement de créditconnaît un véritable succès car ses utilisateurs, de plus en plus nombreux, apprécient le véritable service qu’il leur rend et le font savoir. On ne déplore quasiment pas de contentieux nés d’opérations de rachat de crédit nonobstant le nombre d’années d’antériorité. Un grand nombre des premiers refinancements réalisés sous cette forme est aujourd’hui entièrement soldé.
Ce succès a attiré la convoitise d’un grand nombre d’intervenants qui cherchent à bénéficier de la manne d’une manière qui n’est pas toujours très déontologique. C’est ainsi qu’à côté des véritables IOB, plus connus sous l’appellation de courtiers en rachat credit, on voit fleurir sur la toile des pseudos « comparateurs de rachat de crédit » et des « portails » édités par des entreprises commerciales -totalement étrangères au monde de la finance et du surendettement- dont le seul objectif est de draguer des internautes à la recherche d’un rachat de credit pour vendre leur demande à des IOB qui les démarcheront ensuite sans que ces internautes n’aient pu au préalable comparer leurs offres. Des intermédiaires d’intermédiaires en quelque sorte ! Qui plus est, ils n’apportent aucune valeur ajoutée si ce n’est leur rémunération. Ceux là ne sont pas soumis à la réglementation encadrant les IOB et n’offrent évidemment aucune garantie professionnelle aux internautes. Il faut être très prudent et ne s’adresser qu’à de véritables IOB dont on a préalablement vérifié la qualité et, pour plus de sécurité encore, préférer ceux qui sont membres des syndicats professionnels représentatifs : l’ Association Française des Intermédiaires Bancaires ( AFIB ) et le Syndicat des Intermédiaires en Opérations de Banque ( SIOB ).
Innovant et simple dans son principe, le rachat de credit est devenu un véritable outil de gestion budgétaire qui permet de piloter son endettement pour répondre à différentes problématiques financières sans déraper et tomber dans l’ornière du surendettement.
La première vocation du rachat de crédit est de corriger un endettement devenu insupportable parce que mal adapté au budget de l’emprunteur ou excessif par l’accumulation irraisonnée de crédits, voire le plus souvent à la suite d’une baisse de revenus consécutive à un accident de vie ou à un changement de situation personnelle ou professionnelle.
La technique du regroupement de crédits consiste à faire masse de tous les prêts en cours et même des dettes d’un emprunteur qui est remboursée par anticipation et en une seule fois au moyen d’un nouvel et unique emprunt souvent assorti d’un taux moindre que la moyenne de ceux dont étaient assortis les crédits consolidés et dont la durée d’amortissement est fonction du niveau de baisse de la charge de remboursement recherché.
Selon le montant des crédits et des dettes à consolider et en fonction de la situation de l’emprunteur, il existe plusieurs formules de rachat de crédits et en particulier :
- le rachat de crédit propriétairequi porte sur un rachat de prêt immobilier et/ou un rachat de prêt à la consommation, ce réaménagement pouvant être réalisé avec ou sans hypothèque;
- le regroupement de crédits consommation pour les propriétaires et les non propriétaires.
Le rachat de crédit immobilierest appelé ainsi puisqu’il consolide généralement un ou plusieurs prêts immobiliers outre des crédits à la consommation. Le rachat de prêt immobilier peut être garanti soit par une hypothèque soit par un cautionnement. On parle dans le premier cas de rachat de crédit hypothécaire et dans le second de rachat de crédit cautionné. Pour des montants relativement moindres, même en présence d’un solde de crédit immobilier, le prêt peut être obtenu sans garantie d’aucune sorte.
Le rachat de crédit consommation, dont le montant et la durée d’amortissement sont moindres que le rachat credit proprietaire, est consenti sans garantie.
Ces formules de rachat de crédit sont en principe accessibles à toutes les catégories socio professionnelles selon critères.
Le coût d’une telle opération bancaire est à apprécier par rapport aux avantages qu’elle procure ou aux difficultés et frais qu’elle évite en le rapportant à sa situation actuelle. Pour l’obtention d’un rachat de crédit, il faut compter des frais de dossier et de courtage, ainsi que, pour le rachat de crédit immobilier, soit des frais de notaire et d’hypothèque, s’il est hypothécaire, ou de société de cautionnement mutuel, s’il est cautionné. Bien entendu, il faut aussi prendre en compte dans ses calculs les intérêts courant sur une plus longue durée. En effet, pour abaisser le montant de la mensualité jusqu’au niveau souhaité ou nécessaire, il faut rembourser le capital moins vite, c’est-à-dire sur une plus longue durée, et cela génère plus d’intérêts, donc un coût total de crédit plus élevé.
Il est important cependant de rappeler que l’emprunteur n’aura à supporter ces différents frais -inclus dans le refinancement- que s’il obtient son rachat de crédit et seulement si les conditions de celui-ci le satisfont pleinement. Par ailleurs, le détail de tous les frais liés au refinancement et le coût total du rachat de crédit doivent être obligatoirement indiqués sur l’offre préalable de crédit qui, le plus souvent est assortie d’un délai de réflexion pour le rachat de crédit immobilier et d’un délai de rétractation pour le regroupement de crédits à la consommation.


